
Quand ma première fille est arrivée dans nos vies, on a mis une porte moustiquaire pour sa chambre. Notre raisonnement était: empêcher les chats d’y entrer et on avait peur de ne pas l’entendre avec une porte pleine. Ça paraissait très raisonnable sur le coup. Une porte moustiquaire, ça laisse passer le moindre pleur, le moindre mouvement. On serait certains de l’entendre.
Premier enfant : la vigilance née de la peur
Puis bébé 2 est arrivée. Et pour sa chambre, on s’est pas vraiment posé la question si on allait enlever la porte pleine… on l’a laissée. Pas de porte moustiquaire pour elle.
Ça n’a rien changé. Sauf qu’on a probablement mieux dormi.
Leçon tirée de l’expérience : l’intuition du deuxième
Je dis « probablement » parce que je peux pas vous sortir une étude là-dessus. Mais l’intuition est difficile à ignorer : moins entendre chaque petit soupir, chaque retournement, ça nous a peut-être laissés dormir plus creux, nous aussi. Et bébé 2, de son côté, n’a pas eu besoin qu’on entende tout pour être en sécurité. Elle l’était de toute façon.
Ce qui me frappe, avec le recul, c’est que si c’était à refaire, on mettrait probablement pas de porte moustiquaire à notre plus vieille non plus. Pas parce qu’on avait tort de vouloir la protéger mais parce que ce qu’on appelait de la vigilance, c’était surtout de la peur. La peur du premier enfant, celle qui te fait vérifier deux fois qu’il respire encore. Elle ressemble tellement à de la prudence qu’on la remet jamais en question sur le coup. C’est juste « être un bon parent », pense-t-on, et c’est bien correct.
Puis le deuxième arrive, et là, sans même l’avoir décidé, on lâche prise sur des affaires qu’on pensait non négociables avec le premier. Pas par négligence. Parce qu’on a déjà survécu une fois, et qu’on sait, cette fois-là, ce qui compte vraiment pis ce qui relevait juste de notre propre anxiété.
Parentalité pour papas : se protéger ou se rassurer ?
Je vous dis pas de retirer toutes vos portes moustiquaires, au sens propre ou au figuré. Je te dis juste que ça vaut la peine de se demander, de temps en temps : cette affaire-là que je fais « pour être sûr », est-ce que c’est vraiment pour eux ou c’est pour calmer moi?


